Photographes et photographie

De nombreuses personnes ont joué un rôle déterminant dans la destinée de Médard Bourgault au cours de sa carrière de sculpteur sur bois. On a souvent mentionné les plus remarquables, celles qui l’ont encouragé à persévérer et ont parlé de lui dans leur réseau de contacts, lui permettant ainsi d’atteindre une certaine notoriété (et un revenu suffisant pour faire vivre sa famille). Ce sont les influenceurs de l’époque. Sans eux, Médard serait probablement demeuré menuisier toute sa vie, eut-il néanmoins conservé un goût pour la sculpture. 

Le tout premier est Marius Barbeau, un anthropologue réputé qui le découvrit tout d’abord. Barbeau, un chercheur un peu hyperactif, est considéré aujourd’hui comme le fondateur de l’anthropologie au Canada et au Québec.

Jean-Marie Gauvreau, fondateur et directeur de l’École du meuble à Montréal, est une autre  personnalité culturelle importante de l’époque qui prend Médard sous son aile. Il faut retenir qu’on est encore avant le Refus global. La production artisanale est grandement encouragée plutôt que les arts intellectuels d’avant-garde à la Riopelle, un élément qui facilite sans doute le décollage et le parcours de Médard.

Enfin, quelques autres aussi joueront un rôle utile : politiciens, membres du clergé, notables et autres figures respectées du moment. 

Mais il est une autre catégorie d’influenceurs que l’on se doit de classer à part. Pour s’insérer dans le paysage culturel des canadiens-français de l’époque, incluant ceux qui vivent désormais au-delà des frontières du Québec (francophonie canadienne, États-Unis), il faut jouir d’une certaine présence médiatique. Et les mieux placés pour générer cette visibilité durant les années 40, ce sont les photographes, les gens de l’image.

Parmi ceux et celles qui ont croisé la route de Médard Bourgault et l’ont fixé sur leurs pellicules, il y a des noms très connus dans leur milieu. Certains sont à la recherche de la différence culturelle du Québec de l’époque. C’est le cas par exemple de Lida Moser, photographe américaine, qui travaille pour les célèbres magazines Vogue et Look. Bien sûr, ce n’est pas tant la personne de Médard Bourgault en soi qui l’intéresse mais tout ce qui forme son univers culturel: famille, environnement, travail… Finalement, le résultat reste le même: le sculpteur artisan autodidacte de St-Jean-Port-Joli passe tout à coup à un autre niveau de reconnaissance publique.

Déjà dans les années 40, l’image animée s’installe doucement dans le quotidien, bien qu’on soit encore loin des télévisions dans chaque salon comme dans les années 60. Un petit nombre d’influenceurs proviennent ainsi plutôt de l’univers du film, parfois à des fins très spécifiques de promotion touristique (Dumas), mais aussi dans le cadre de documentaires plus généraux (Tessier, Lavoie). 

Plusieurs autres “photographes” sont davantage des membres du corps académique ou des fonctionnaires gouvernementaux travaillant pour les musées ou les ministères en charge de l’artisanat et du patrimoine. Leurs intérêts sont plus liés à l’œuvre sculptée plutôt qu’à l’homme et à son quotidien. On retrouve leurs photographies dans les fonds institutionnels (BANQ, Musée canadien de l’histoire, Archives de la Côte du sud, etc.) où elles illustrent et documentent le travail de Médard pour le bénéfice des historiens, ethnologues et autres chercheurs. 

Il nous faut aussi souligner le travail important de photographes généralistes, parfois semi-professionnels, dont le travail remarquable aura permis l’édition d’ouvrages imprimés qui deviendront des balises significatives dans la reconnaissance de Médard Bourgault. Pensons à Alphonse Toussaint (et son fils Conrad), pour les livres d’Angéline St-Pierre, ou à François Gauthier pour La maison de mon père.

La liste qui suit n’est bien sûr pas exhaustive, mais elle se veut un hommage au rôle significatif de ces gens de l’image à la reconnaissance publique de Médard.

  1. Photographes pour les médias 
  1. Cinéastes et documentaristes
  1. Documenteurs de l’oeuvre
  1. Photographes dédiés à l’oeuvre, amateurs ou semi-professionnels

Sources imprimées :

Blanchette, J.-F. Médard Bourgault et ses héritiers : Un siècle de sculpture à Saint-Jean-Port-Joli. [Québec] : la Société québécoise d’ethnologie, [2023].

Bourgault, A.-M. (auteur) & Gauthier, F. (photographe). La maison de mon père. Belœil (Québec) : Qualigram, [2015].

Saint-Pierre, A. L’œuvre de Médard Bourgault. Québec : Editions Garneau, 1976.

Saint-Pierre, A. Médard Bourgault, sculpteur. Québec, : Editions Garneau, [1973]. Plusieurs rééditions existent.