Le Domaine Médard Bourgault entreprend la nouvelle saison 2024 avec une exposition thématique sur la vie et l’oeuvre du fils aîné de Médard.
L’exposition est présentée du 22 juin au 2 septembre. Le Domaine est ouvert au public du jeudi au dimanche de 10h00 à 16h00.

Jean-Raymond Bourgault est l’aîné des 16 enfants de Médard et Marie-Rose Bourgault. Il naît le 3 juin 1924 à Saint-Jean-Port-Joli. Très tôt, il commence à sculpter à l’atelier de son père. Ses premières œuvres, très enfantines, datent du tout début des années 30, mais il commence à se consacrer à la sculpture de façon plus professionnelle vers l’âge de 16 ans.
En 1942 et 1943, il assiste son père dans la réalisation d’une œuvre majeure, le récit de l’histoire nationale des Canadiens-français en bas-reliefs sur les murs du salon de la maison familiale. Il y sculpte les éléments décoratifs tels que les médaillons, les frises et les feuillages.
Appelé sous les drapeaux mais non retenu pour raisons de santé, on lui attribue plutôt la tâche d’assistant gardien de phare auprès de son oncle Antonio au Pilier de Pierre, sur le Saint-Laurent juste en face de Saint-Jean-Port-Joli.
Après la guerre, il travaille avec son père pendant quelque temps puis, grâce au soutien de Jean-Marie Gauvreau, il suit des cours à l’École des Beaux-Arts de Québec de l’automne 1945 à 1949.
Il épouse Évangéline Chénard, originaire de Saint-Alexandre de Kamouraska, le 24 juin 1953 à Québec. Ils auront 5 enfants.
Il travaille alors comme chef sculpteur à l’atelier d’ameublement et décors d’église de son oncle Jean-Julien puis de nouveau avec son père de 1951 à 1957. Il ouvre finalement son propre atelier en 1957 dans une chambre au deuxième étage de la maison qu’il loue pour sa famille. Il aura son propre magasin à partir de 1964 à côté de la résidence qu’il vient de se construire. Ce magasin saisonnier est géré par sa conjointe (qui a nettement plus le sens des affaires que son Raymond).
Dans les années 60, il est brièvement professeur de dessin à l’École St-Jean et au Collège Fleury, alors des écoles secondaires de Saint-Jean-Port-Joli.
Il est fasciné par la sculpture décorative, surtout les périodes baroque et classique. Sa production comprend des oeuvres d’arts décoratifs (ameublement de style, chandeliers, motifs floraux, oeuvres ornementales, etc.), quelques œuvres d’art religieux, mais aussi des œuvres “alimentaires” destinées au tourisme estival : bibelots variés sculptés ou tournés, bols et plateaux, plaquettes murales et bas reliefs à sujets paysans (vieux capitaine, four à pain, etc.), etc.
Jean-Raymond est un lecteur avide et passionné (il y a même une pièce nommée bibliothèque dans sa maison!) avec un intérêt soutenu pour le patrimoine, la poésie québécoise et l’histoire régionale.
Sous l’œil bienveillant d’une représentation sculptée de saint Joseph artisan en qui il a une grande dévotion, sa collection de vieux outils occupe une place importante dans son atelier mais aussi dans son activité professionnelle. Rien ne le rend plus heureux que de pouvoir les utiliser pour accomplir ses tâches : bouvets, planes, trusquins, guimbardes, guillaumes, tant d’autres aux noms et aux usages aujourd’hui oubliés.
Ses implications socio-communautaires sont également nombreuses: Association des artisans de Saint-Jean-Port-Joli, Comité organisateur du Tricentenaire de Saint-Jean-Port-Joli (1977), Société historique de la Côte-du-Sud, etc. Très intéressé par tout ce qui touche à la vie de Philippe-Aubert de Gaspé, il s’implique également dans le comité dont les travaux aboutiront à la création du Musée de la mémoire vivante.
Il s’éteint le 2 avril 2010 à l’Hôpital de Montmagny à l’âge de 85 ans entouré de ses proches.
Document: Témoignage de la fille aînée de Raymond présenté lors du vernissage de l’exposition, été 2024
