Une visite virtuelle à la Langford Gallery de Toronto

Une galerie torontoise bien connue du milieu des arts vient de publier une courte synthèse de la vie et de l’oeuvre des « trois bérêts » (Médard, André et Jean-Julien) sur son site web. Elle y présente également quelques oeuvres disponibles à l’achat de chacun de ces sculpteurs fondateurs.

Du même souffle on y trouve aussi des noms bien connus de la région de St-jean-Port-Joli: Marcel Guay, Paul-Émile Caron, Godro, Robert Roy, Roger Bourgault, etc. Le tout se retrouve dans la catégorie Folk Art (arts populaires). Certaines pièces sont (ou semblent) anonymes, ce qui est assez fréquent dans cette catégorie de production artistique.

https://langfordgallery.com/collections/vintage-quebecois-folk-art

Une pièce de Médard est présente dans leur collection, soit un « Jésus portant un agneau » datant de 1946. La grande expressivité des traits du visage magnifiquement ciselé révèle le niveau de virtuosité technique que Médard avait atteint à cette époque.

https://langfordgallery.com/collections/vintage-quebecois-folk-art/products/medard-bourgault-jesus-carrying-lamb

Les prix varient évidemment selon les oeuvres et les artistes, à partir de 4600$ pour un crucifix de 130cm de Jean-Julien Bourgault.

Large Christ on a Cross by Jean-Julien Bourgault

Toutes ces oeuvres sont en très bonne compagnie car Langford offre aussi une très belle collection de pièces provenant des quatre coins du monde, de différentes époques et de différentes matières.

Lancement du livre « La maison de mon père »

Vous êtes cordialement invités au lancement du livre La maison de mon père le samedi 11 juin prochain, de 14h à 17h, au 322 de Gaspé ouest à St-Jean-Port-Joli.

Vous pourrez y rencontrer les auteurs André-Médard Bourgault (textes) et François Gauthier (photos), de même que l’auteur de la préface, Michel Lessard, éminent historien.

L’ouvrage abondamment illustré décrit en détails les quelque 250 œuvres que contient la maison de l’artiste Médard Bourgault qu’habite encore aujourd’hui son plus jeune fils André-Médard. Comme le présente monsieur Gauthier sur sa page Facebook, « c’est à la fois un catalogue illustré et un rappel truffé d’anecdotes de l’âge d’or de la sculpture sur bois sur la Côte-du-Sud du Saint-Laurent. »

Le prix du livre La maison de mon père est fixé à 44.95$ en cette occasion et sera par la suite vendu à 49.95$

Il y aura cocktail et léger goûter sur place lors de ce lancement. Et vous pourrez voir de vos yeux la grande majorité des oeuvres illustrées dans cet ouvrage…

Pour nous donner une idée du nombre de participants, il serait bien de nous signifier votre présence.

Sur l’évaluation d’oeuvres

20 avril 2016 2 commentaires

Vous êtes nombreux à nous écrire pour nous demander d’évaluer des oeuvres sculptées par Médard Bourgault, ou qui pourraient l’être, voire même par d’autres sculpteurs. Souvent il s’agit de pièces acquises il y a plusieurs dizaines d’années par des parents ou des amis.

Bien qu’une telle évaluation soit possible, il faut bien comprendre que la Maison Médard Bourgault ne peut offrir des services professionnels en ce domaine car nous n’en avons pas l’expertise. Le marché de l’art est très complexe et dépend principalement de caractéristiques sociologiques difficilement controlables, etc.

voice_of_fire_photo

Voice of fire, Barnett Newmann, 1967. Coll. National galery of Canada

Soyons honnête! Nous ne sommes pas compétent dans ce genre d’évaluation. Ce n’est pas notre tasse de thé. Ce que nous pouvons faire, par contre, c’est vous confirmer, au meilleur de notre connaissance, si l’oeuvre que vous détenez est bien de Médard Bourgault (ou d’un proche) et, si vous tenez à obtenir aussi une estimation de sa valeur monétaire, nous pourrons tenter de voir combien la production d’une pièce à peu près semblable vous coûterait aujourtd’hui. Ce ne sera donc jamais qu’une évaluation technique de l’oeuvre en tant qu’objet, pas une évaluation de la valeur marchande d’une oeuvre d’art.

La qualité technique d’une pièce a bien peu à voir avec la valeur monétaire qu’on lui attribue. Par exemple, le peintre américain Barnett Newman (1905-1970) a peint des tableaux quasiment monochromes, mais qui valent des millions de dollars, et ce même si ces toiles auraient techniquement pu être réalisées à l’aide d’un rouleau jetable et d’un litre de peinture disponible au quincaillier du coin.

C’est la réputation de Newman, sa démarche intellectuelle, son réseau d’amis et de riches commanditaires, son prestige dans l’univers artistique new-yorkais, perçu au courant des années 40 et 50 comme le centre culturel du monde occidental, qui l’ont hissé, lui et ses oeuvres, à son niveau de reconnaissance actuel, à savoir qu’il est présent dans les plus grands musées du monde, et que ses toiles ornent les résidences des 1%.

Médard Bourgault a aussi, en son temps, dans son contexte et à son échelle, joui d’une telle visibilité médiatique dans les années 40 et 50, mais cette réputation artistique s’appuyait principalement sur le support moral et l’influence sociale du clergé, qui jouait ici le rôle des millionaires et des galeristes new-yorkais de Newman. Comme le clergé n’est plus depuis longtemps une force déterminante de la société québécoise contemporaine, la « valeur » de Médard Bourgault dans le marché de l’art est donc difficile à établir. Pour y parvenir, il faudrait se fonder sur la valeur de pièces similaires ou comparables ayant été vendues récemment, ce que seul un marchand d’art serait en mesure d’établir de façon professionnelle et suffisamment fiable.

Or nous ne sommes pas des marchands d’art. Nous sommes bien sûr toujours heureux que vous nous écriviez, mais ce que nous saurons vous dire ne sera jamais qu’une estimation des coûts de production aujourd’hui d’une pièce similaire.

 

La maison de mon père (nouveau livre)

11 avril 2016 Laisser un commentaire

Si vous cherchez un cadeau original à offrir à un amateur d’art et plus particulièrement de sculpture, c’est ce livre que vous devez offrir. Il s’intitule « La maison de mon père ».

Il a été écrit par André-Médard Bourgault, le fils du premier sculpteur sur bois de Saint-Jean-Port-Joli, Médard Bourgault (1897-1967). Les magnifiques photographies sont de François Gauthier.

L’ouvrage de 178 pages, illustré de 265 photos, décrit en détails les quelque 250 œuvres que contient la maison de l’artiste. C’est à la fois un catalogue illustré et un rappel truffé d’anecdotes de l’âge d’or de la sculpture sur bois sur la Côte-du-Sud du Saint-Laurent.

L’ouvrage est en vente à la Maison Médard Bourgault, 322 De Gaspé O., St-Jean-Port-Joli, Qc. au coût de 49,95$ (45$ / membre).

Assemblée générale 2016

11 avril 2016 Laisser un commentaire

L’assemblée générale de la corporation MMB aura lieu le samedi 23 avril 2016 prochain à 14h00.

Mettez vite cela à votre agenda.

Intéressé-e à participer? Contactez-nous au plus vite.

Autour d’un monument

11 avril 2016 Laisser un commentaire

Le texte suivant est un extrait d’une longue réflexion par Jean-Raymond Bourgault, fils aîné de Médard. Il a pour déclencheur un monument dressé par la famille (enfants et petits-enfants) à Médard Bourgault à côté de la maison dans les années 90. Le texte comporte deux volets : le « miroir réaliste », présenté ici, et le « miroir idéaliste avec l’éloignement du temps ».

J’ai  l’impression d’être devant deux miroirs. Le premier qui projette une image réaliste : J’ai vécu 29 ans à la maison à le côtoyer, à le voir agir avec ses faiblesses et ses grandes qualités, avec ses points défaillants et ses points pleins de solidité.

L’autre miroir avec l’éloignement du temps, il y a ce miroir idéaliste.

Mon père, m’a toujours paru comme un grand rêveur, ce côté m’est bien connu à cause de ma propre tendance au rêve et au sentimental. Est-ce un défaut?

Père, non seulement était rêveur, mais il était idéaliste pour certain domaine, l’art entre autres. Cela lui a joué des tours, même des déceptions. Père a été marin, il en parlait beaucoup, la mer a été une source d’inspiration, mais, si je lui disais que je voulais être marin. Houp! Là, il démolissait mes aspirations. Père était fin observateur et les observations de son entourage ont été des sources fécondes pour son œuvre artistique, on a qu’à entrer dans le jeu de ses personnages sculptés; le côté ridicule ou poétique y est finement révélé dans les expressions des visages, les statures physiques.

Observateur veut aussi avoir une relation avec mémoire et souvenir.

Pour le passé, Père avait une mémoire d’historien, ce qui fait qu’il était un excellent conteur. Je me souviens de ces veillées à l’atelier les soirs d’hiver, de l’une qui m’a fait vibrer et presque vivre: Il était question de Joseph Arthur Fournier, de son habileté et de sa technique pour la sculpture. Enfin ce soir-là, Founier fut idéalisé par les paroles de papa, ce qui me marqua beaucoup et me fit aimer  la  menuiserie et surtout le meuble. C’est probablement de cette soirée que je vouai presque un culte à J-A Fournier. Mais, sept à dix mois après au chalet, je lui posé une question à propos de Fournier … Boom! Il aurait mieux fallu me taire. Autant il l’avait monté au Zénith cette soirée autant il le descendit cet après-midi de juillet où il faisait une chaleur à fondre.

Père était cyclique, et ce qui fit parfois très difficile à vivre avec. Un petit exemple, j’avais quitté la maison étant marié et j’étais établi ici, où je suis. Je le rencontre à son domaine des grèves et tout heureux de lui  faire  part non seulement des deux commandes de meubles, mais des beaux albums d’ornement du XVIII siècle. D’abord, il me dit que j’allais crever avec ces ouvrages là et la suite ne fût guère plus consolante.

Quand je le quittai, il ne me parut vraiment pas d’accord. Je me rends compte aujourd’hui qu’il n’appréciait pas qu’un de ses fils marche sur une autre voie que la  sienne. Combien de fois, dans ma jeunesse, m’a-t-il reproché de trop frayer avec les livres et d’autres fois, il me disait que je faisais bien de parfaire mes connaissances.

Cyclique une journée,  l’enthousiasme;  tout était beau et le  lendemain: Crac!  Le thermomètre était en bas, ces jours-là nous étions sur les épines. Ici, je m’arrête cela suffit pour le côté réaliste. Non, il n’était pas facile de vivre avec papa, surtout quand c’était du côté moral, disons spirituel. Une fois : j’avais entre 15 ou 18 ans, j’avais été avec des amis du canton, cousins et cousines dans une soirée où j’avais dansé les carrés, la gigue, et bien pris quelques petits verres de bon vin. Je rentrai à la maison vers une heure du matin, il m’attendait et j’eus une jolie semonce. Maman se leva, le prit par le bras et l’amena se coucher. Mais, à 5 heures, il me réveilla et m’envoya à la confesse, comme si j’avais fait des choses affreuses et immorales. Malgré que je m’endormais comme un caillou, j’y allai, mais il n’a jamais su que je ne suis jamais allé dans la boite à péché. J’ai assisté tant bien que de mal à la messe je ne me sentais coupable de rien. D’ailleurs tout ce paquet de cousines et cousins plus les gens âgés, père, mère, oncles ou tantes étaient-là.

C’est d’une foi plutôt sous la loi de la crainte et de la peur que papa a emmergé après ses longues retraites à Villa Manrèse. Après deux ou trois retraites de 10 à 15 jours, papa devint beaucoup plus souple et plus large, du moins pour ce temps -là. Ce qu’a bénéficié surtout notre chère maman qui était beaucoup plus simple; plus large avec la morale et les histoires de péchés. J’en reparlerai dans l’autre miroir plus loin. Mais, il ne faut pas oublier que j’étais l’ainé et puis son rival vis-à-vis de ma mère. Ce qui inconsciemment,  il  n’acceptait guère, surtout à cause  de son tempérament.  Je remarque que papa à ma mémoire n’a jamais été très démonstratif affectivement, d’aussi loin que je me souviens maman, grand-père et surtout certaines tantes m’ont montré beaucoup plus d’affection que papa, qui m’a toujours paru bien embarrassé avec ces démonstrations affectives. Là-dessus, il ressemblait à grand-mère point pour point.

Famille de Médard Bourgault, années 40